Concertation publique sur les géo-communs

L’IGN se réinvente et lance une démarche de concertation publique pour dessiner avec les producteurs et utilisateurs de l'information géographique un nouvel horizon, celui des géo-communs.

L'IGN et les géo-communs

En France comme à l’étranger, les pouvoirs publics sont de plus en plus nombreux à se saisir de la dynamique des « communs » comme tierce dimension au public et au privé. Les initiatives mobilisant des communautés sur le terrain en dehors de toute structure, y compris associative, se multiplient. Parallèlement, les données géolocalisées ont investi notre quotidien et ont donné naissance à de multiples services et applications. Grâce aux smartphones et au GPS, l’information géographique s’est largement démocratisée.

Ce contexte offre un terrain de jeu plus ouvert et plus collaboratif pour l’institut : celui des géo-communs.

Les communs, quésako ?

Les communs désignent des ressources produites, diffusées puis gérées collectivement par une communauté selon un ensemble de règles de gouvernance qui garantissent l’intégrité et la disponibilité de ces ressources dans le temps. À ce jour, l'encyclopédie libre et collaborative Wikipédia est l’un des communs numériques les plus aboutis.

Après l’ouverture et la gratuité de l'essentiel des données de l’IGN depuis le 1er janvier 2021, l’institut souhaite s’inscrire plus largement dans cette dynamique de construction des communs et bâtir, avec son écosystème, sa nouvelle stratégie autour du concept de géo-communs : un ensemble de bases de données d’information géographique (production) et d’outils numériques (diffusion) accessibles au plus grand nombre. À la différence de ce que pratiquent les géants du numérique, les géo-communs obéissent à une gouvernance ouverte, de nature à garantir leur partage et leur pleine maîtrise et appropriation par un large écosystème d’acteurs citoyens, publics et privés.

La concertation sur les géo-communs

Depuis début mai 2021, le dispositif de concertation baptisé « Géo-communs, avançons ensemble ! » est déployé auprès des acteurs-utilisateurs des géodonnées, mais aussi auprès de l’ensemble des équipes de l'IGN. Car imaginer la trajectoire des géo-communs ne peut se faire sans écouter les usagers, les partenaires et la communauté interne de l'institut. Plus largement, cette réflexion ouverte et interactive permettra de définir la place de l’IGN dans l’écosystème de l’information géographique et forestière et ses priorités d’action pour les années à venir.

Une consultation publique inédite sur l’usage des géodonnées 

Du 4 mai au 4 juin 2021, professionnels et utilisateurs de l’information géographique et forestière étaient invités à exprimer leur vision sur l’usage des géodonnées dans notre société numérique et à préciser le rôle et les priorités d’actions de l’IGN dans le mouvement des « communs ». Cette consultation inédite pour l’IGN a reçu 165 contributions. Celles-ci ont été analysées et synthétisées dans un document à télécharger qui rassemble, dans sa première partie, les idées fortes de chacune des neuf thématiques abordées dans la consultation.
Cette synthèse ne reflète pas l’exhaustivité des réponses ; mais elle tente d’en restituer l’esprit et les points de convergence en les illustrant par des verbatims de contributeurs.

Accéder aux réponses des participants (hors contributions confidentielles) aux formats .ods et .xlsx

Une nouvelle boussole pour l’IGN

Issue de plusieurs mois de réflexions et d’échanges, la nouvelle boussole de l’IGN a été présentée par Sébastien Soriano, directeur général, le 24 novembre 2021 à Ground Control (Paris). Avec pour ambition d’outiller la Nation pour comprendre son territoire, cette nouvelle boussole veut répondre à deux grands défis :

  • cartographier les impacts de l’activité humaine sur son environnement (cartographie de l’anthropocène) pour mieux évaluer l’impact du changement climatique, 
  • produire des géodonnées au service de la souveraineté numérique de la Nation pour proposer une alternative robuste au modèle des géants du numérique. 

Trois ambitions

Cette direction va maintenant se traduire au travers de trois ambitions : 

  • IGN observateur du territoire national en continu : l’Institut va recentrer et développer ses activités de production et de valorisation sur la cartographie de l’anthropocène, en tirant profit de sa capacité d’innovation (nouveaux référentiels, croisements des sources de données, automatisation des traitements par algorithmes d’apprentissage profond…), accrue par le recrutement et la formation de nouvelles compétences, ainsi qu’au travers de partenariats avec des industriels et des startups ;
  • IGN acteur des « communs » numériques : l’acquis de l’ouverture des données permet de changer d’échelle dans la coproduction avec des partenaires et des communautés contributives (cartes et logiciels libres) ; si l’Institut ne peut répondre à tous les besoins par lui-même (ex. données locales, mobilité…), il doit investir à plein son rôle de rassemblement des parties prenantes autour de défis d’intérêt commun ; 
  • IGN cartographe, compagnon des découvertes et des représentations : le numérique démultiplie le potentiel de la carte comme outil de médiation ; l’histoire, les savoir-faire de l’Institut, son rayonnement scientifique, ses cartes papiers et numériques sont à mobiliser pour toucher nos concitoyens, enrichir leurs visions du territoire et sensibiliser la jeunesse, directement et par un réseau d’alliances à nouer (publics scolaires, loisirs et tourisme, patrimoine, carte comme support créatif...).

Dix chantiers emblématiques

Pour répondre à ces enjeux, dix chantiers emblématiques prioritaires vont être mis en place, dont certains, déjà engagés.

Des cartes de l’anthropocène

Publication régulière (tous les un à trois ans) de cartes sur un nombre limité d’enjeux écologiques majeurs, notamment la vigueur des forêts, l’évolution des relief et des cours d’eau, l’artificialisation des sols, le potentiel de biodiversité… et d’autres thèmes à définir en appui aux politiques publiques ; les cartes pourront être enrichies en observatoires thématiques avec des partenaires, par exemple sur la forêt, et par des rendez-vous pour partager les constats.

Un modèle 3D France entière

Acquisition Lidar haute densité aéroporté 2021-2025,  mise à disposition progressive des données ouvertes et travail sur l’exploitation de ces données avec les secteurs clé (ville, forêt, agriculture, bâtiment, infrastructures..).
 

Un plan de recrutement et de formation

Un plan de recrutement et de formation (IA, data science, altimétrie 3D, géovisusalisation, développement agile…) s’appuyant sur une démarche d’attractivité (politique salariale, cadre de travail, communication), ainsi que sur l’école de l’IGN, l’ENSG-Géomatique ; un projet managérial et humain pour des équipes actrices des ambitions de l’institut. 
 

Une « place à communs »

Une « place à communs », équivalent d’une place de marché pour les communs, par des « appels à communs » pour rassembler les acteurs intéressés autour de défis collectifs (déjà identifiés : street view, base routière navigable), une Fabrique des géo-communs pour développer ces thèmes et d’autres projets IGN avec l’écosystème, la Géoplateforme, infrastructure ouverte aux communs et acteurs publics pour l’hébergement et le partage de données.

Un système de labels pour des partenaires publics

Un système de labels pour des partenaires publics ou des communautés contributives habilités à enrichir et mettre à jour en autonomie la base « BD France » de l’IGN ; les données faisant autorité resteront garanties par un agent de l’institut.

Le forum IGNfab

Un « forum IGNfab », enceinte d’échange avec les entrepreneurs du secteur, acteurs de l’innovation et de la French tech pour construire des visions partagées et tisser le cas échéant des partenariats ; le programme IGNfab actuel d’appui aux startups demeure et s’enrichira avec l’appui du forum.

Un plan pour smartphones

Un plan pour smartphones alternatif à Google et Apple, qui respecte la richesse du territoire et la liberté des utilisateurs, à co-construire dans la Fabrique des Géo-communs.

De nouvelles cartes papier

De nouvelles cartes papier pour répondre aux attentes des Français (reconnexion à la nature, patrimoine, vélo…) et des cartes au 1 :25 000 plus fraîches et accessibles.

Le guichet « Cartographe du service public »

Un guichet « cartographe du service public » : mise en place d’un service d’appui à toutes les administrations locales ou nationales désireuses d’utiliser la carte comme outil de médiation ou de pilotage des politiques publiques ; ce service valorisera les fonctionnalités de géovisualisation et d’hébergement de la Géoplateforme pour les administrations qui le souhaitent.

Des programmes de partage autour de la cartographie

Des programmes de partage, de vulgarisation scientifique et de sensibilisation citoyenne autour de la cartographie et des enjeux auxquels elle peut contribuer, incarnés par des lieux : musée des Arts et Métiers (patrimoine), Géoroom à Saint-Mandé (public scolaire, acteurs des communs), des sites de l’IGN en région.

Changer d'échelle - Transcription du croquis

Les nouvelles ambitions de l'IGN :

  • IGN, acteur des communs numériques
  • IGN, observateur du territoire en continu
  • IGN, compagnon des découvertes et des représentations

Temps forts de la soirée de restitution - espace Ground control (Paris 12e)

Le 24 novembre 2021, l’institut a réuni quelque 150 partenaires institutionnels, industriels et citoyens afin de présenter ses ambitions et les dix chantiers qui leur donneront corps.

E. Prada-Bordenave, Présidente du conseil d'administration de l'IGN
Emmanuelle Prada-Bordenave, Présidente du conseil d'administration de l'IGN
Sébastien Soriano, Directeur général de l'IGN
Sébastien Soriano, Directeur général de l'IGN
Huguette Tiegna, Députée du Lot
Huguette Tiegna, Députée du Lot
Chloé Clair, CEO de namR
Chloé Clair, CEO de namR
Adrien Guetté, Enseignant-chercheur en géographie à l’ISTOM Angers
Adrien Guetté, Enseignant-chercheur en géographie à l’ISTOM Angers

L’exercice « géo-communs » franchit ainsi une première étape mais se veut une démarche au long cours. En osmose avec son écosystème et en mettant en œuvre ses premiers projets, l’Institut va affiner et développer ses propositions et ses modalités d’intervention dans une posture itérative et dans une boucle de rétroaction continue. Un point d’étape sera réalisé à l’été 2022.

Les grandes étapes de la concertation

Consultation publique en ligne
Du 4 mai au 4 juin
Pour inviter les utilisateurs de l’information géographique et forestière à exprimer leur vision sur l’usage des géodonnées et les priorités d’actions de l’IGN.


Enquête interne filmée auprès de 50 agents IGN
Mai
Pour recueillir leurs témoignages et cerner leur vision de l’IGN de demain.


Enquête externe filmée auprès d’usagers de l’information géographique
Mai
Pour comprendre leurs pratiques et leurs attentes en matière de géodonnées.


Expérience immersive d’agents IGN auprès de partenaires
Mai-juin 
Pour mieux saisir leurs problématiques de terrain et leurs usages métiers.


Rencontres débats
Mai-juin
Pour approfondir la réflexion et commencer à produire le récit de la construction des géo-communs.


Restitution des résultats de la concertation
24 novembre à Ground Control (Paris 12e)
Accéder au communiqué et au dossier de presse

Communiqués et dossiers de presse


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Mis à jour le 01/12/2021